La création par l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) d’un Comité Scientifique (CSST) sur la question du cannabis thérapeutique en France a suscité l’espoir d’une régulation. De nombreux patients se soignent déjà au cannabis et, faute d’accès légal et encadré, s’auto-médiquent en se fournissant sur le marché noir malgré les risques que cela comporte. Or, ceux-ci sont encore largement absents du débat émergent. Pourtant, ce sont les premiers concernés. C’est pour faire entendre leur voix qu’une association a été créée et se propose de rassembler leurs témoignages et de les représenter auprès des décideurs politiques et des régulateurs.

PUBLICITE Une expérimentation du cannabis médical en France

Le cannabis médical est déjà partiellement légal en France mais seulement sous la forme de produits pharmaceutiques dont l’accès est extrêmement limité et pour une liste de pathologies restreinte. L’utilisation de la plante en elle-même reste prohibée. En septembre dernier, dans le contexte international d’une légalisation croissante du cannabis médical, l’ANSM annonçait la création du CSST pour discuter de l’utilisation médicale de la plante de cannabis.

En décembre 2018, le comité a conclu à la pertinence de l’introduction du cannabis thérapeutique en France et a recommandé qu’une expérimentation soit menée à l’échelle nationale. Il doit désormais se prononcer sur les modalités de régulation de cette expérimentation. Cela inclut les questions d’accessibilité effective, les conditions d’élargissement de la liste des pathologies, les conditions de remboursement, la gamme des produits disponibles, les conditions de prescription et de renouvellement ainsi que les questions d’autorisation de transport. Ce sont des questions cruciales pour les patients et c’est pourquoi ils ont leur mot à dire.

L’introduction du cannabis thérapeutique en France, qu’elle soit expérimentale ou définitive, doit se faire au bénéfice des malades et doit pour cela saisir les enjeux quotidiens qui sont les leurs. Cela implique que les décideurs politiques soient à l’écoute des patients sans quoi cette expérimentation sera vaine. Or, pour les patients de cannabis médical qui sont pour l’instant contraints à l’illégalité, il n’est pas aisé de se faire entendre dans le contexte de la criminalisation et de la stigmatisation de cet usage. Il est donc nécessaire de mettre en place des plateformes pour porter leur voix dans le débat public et c’est là tout l’intérêt de l’initiative suivante.

Un appel aux patients

L’association en question a vu le jour en mars 2019 dans le contexte de l’ouverture du débat sur le cannabis médical. Le collectif réunit des professionnels de santé, des sympathisants et des patients et a pour objectif d’intégrer ces derniers au processus d’élaboration du modèle français de régulation du cannabis médical qui les concerne au premier chef.

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