Prurit

Les démangeaisons (prurit) sont un symptôme courant associé à de nombreuses maladies de la peau, ainsi qu’un symptôme secondaire de diverses maladies graves comme l’insuffisance rénale et les maladies hépatiques. Les démangeaisons, contrairement à d’autres sensations cutanées, sont généralement le résultat d’activités du système nerveux central et ne sont typiquement pas traitées par les thérapies médicamenteuses standard.

Un examen de la littérature scientifique révèle trois tests cliniques enquêtant sur l’utilisation de cannabinoïdes dans le traitement du prurit. Écrivant dans le numéro d’août 2002 du American Journal of Gastroenterology, les chercheurs du Département de Médecine de l’Université de Miami ont rapporté le succès du traitement du prurit avec 5 mg de THC chez trois patients atteints d’une maladie cholestatique du foie [1]. Avant la thérapie aux cannabinoïdes, trois sujets n’avaient pas répondu aux médications usuelles et avaient perdu leur aptitude au travail. Le soir suivant l’administration du cannabinoïde, tous firent état d’une diminution des démangeaisons ainsi qu’une “nette amélioration” de leur sommeil, et purent finalement reprendre leur emploi. La résolution de leur dépression fut aussi rapportée par deux des trois sujets. Les chercheurs ont conclu que “Le Delta-9-tétrahydrocannabinol (THC) pourrait être une alternative efficace pour les patients souffrant d’un prurit cholestatique résistant aux traitements usuels”.

L’année suivante, des chercheurs britanniques ont rapporté, dans le numéro de juin 2003 du journal Inflammation Research que l’administration périphérique de l’agoniste cannabinoïde synthétique HU-211 a réduit de manière significative les démangeaisons induites expérimentalement sur 12 sujets [2]. Les chercheurs avaient précédemment indiqué que l’application topique du HU-210 sur la peau humaine réduisait les douleurs induites pour l’expérience et les sensations aiguës de brûlures [3].

Très récemment, des chercheurs du Wroclaw, Université de Médecine Polonaise, Département de Dermatologie, ont rapporté que l’application d’une crème à usage topique basée sur des endocannabinoïdes réduisait le prurit urémique et la xérose (sécheresse anormale de la peau) chez des patients hémodialysés [4].

Trois semaines d’applications bi-quotidiennes de la crème ont complètement éliminé le prurit chez 38 % des sujets de l’essai et ont “considérablement diminué” les démangeaisons chez les autres. Quatre-vingt un pour cent des patients ont signalé une diminution totale de la xérose suite à la thérapie aux cannabinoïdes.

A la lumière de ces résultats initiaux encourageants, certains experts en dermatologie pensent maintenant que les cannabinoïdes et le système endocannainoïde pourrait représenter “une nouvelle voie prometteuse pour une gestion plus efficace des démangeaisons” [5].

Bibliographie / Références

[1] Neff et al. 2002. Preliminary observation with dronabinol in patients with intractable pruritus secondary to cholestatic liver disease. American Journal of Gastroenterology 97: 2117‐2119. (Observation préliminaire avec du dronabinol chez des patients atteints de prurit réfractaire secondaire à une maladie choléastique du foie)

[2] Dvorak et al. 2003. Histamine induced responses are attenuated by a cannabinoid receptor agonist in human skin (PDF). Inflammation Research 25: 238‐245.
(Les réponses induites par l’histamine sont atténuées par un agoniste du récepteur cannabinoïde dans la peau humaine)

[3] Dvorak et al. 2003. Cannabinoid agonists attenuate capsaicin‐induced responses in human skin. Pain 102: 283‐288.
(Les agonistes cannabinoïdes atténuent les réponses induites par la capsaïcine dans la peau humaine)

[4] Szepietowski et al. 2005. Efficacy and tolerance of the cream containing structured physiological lipid endocannabinoids in the treatment of uremic pruritus: a preliminary study. Acta Dermatovenerologic Croatica (Croatia) 13: 97‐103.
(Efficacité et tolérance de la crème contenant des endocannabinoïdes physiologiques sous forme lipidique dans le traitement du prurit urémique: une étude préliminaire)

[5] Paus et al. 2006. Frontiers in pruritus research: scratching the brain for more effective itch therapy. Journal of Clinical Investigation 116: 1174‐1185.
(Limites de la recherche sur le prurit: se gratter la tête pour une thérapie contre la démangeaison plus efficace)

source https://www.norml.fr/sante-prevention-rdr/portail-professionnels-de-sante/etudes-cliniques-et-precliniques/#Prurit

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