Syndrome de Stress Post Traumatique – SSPT

Le syndrome de stress post traumatique (SSPT) est une réponse de l’ordre psychiatrique à un événement traumatisant. Les symptômes du syndrome de stress post traumatique peuvent inclure des flashbacks (reviviscences d’événements), des cauchemars et une anxiété grave, ainsi que des pensées incontrôlables relatives à l’événement. Ces symptômes peuvent persister longtemps après l’événement déclencheur, et peuvent ne pas répondre aux traitements thérapeutiques conventionnels. On estime qu’un Américain sur dix souffre de stress post-traumatique.

On pense que le système cannabinoïde endogène joue un rôle essentiel dans l’étiologie du SSPT chez les humains [1]. Les chercheurs supposent que le cannabis pourrait atténuer la force ou l’impact émotionnel de souvenirs traumatisants à travers des mécanismes synergiques qui pourraient faciliter, chez les personnes atteintes de SSPT, le repos ou le sommeil et les rendre moins anxieuses et moins sujettes aux souvenirs en flashback. Les preuves s’accumulent sur le rôle que les cannabinoïdes pourraient jouer sur l’apaisement des craintes et les effets antidépressifs [2]. Des études montrent que l’administration de cannabinoïdes peut faciliter la purge des souvenirs effrayants tant chez l’humain que chez l’animal [3-4].

De petits tests cliniques évaluant l’usage de cannabinoïdes isolés ont montré de bons résultats dans le traitement du SSPT. Un test israélien a rapporté en 2014 que l’administration conjointe de THC par voie orale causait une amélioration statistiquement significative de la gravité des symptômes globaux, la qualité du sommeil, la fréquence des cauchemars et les symptômes d’hyperexitation (ou hypervigilance) liés au SSPT dans un groupe de dix sujets [5]. Des rapports de tests séparés rapportent que l’administration de nabilone, un cannabinoïde synthétique, modère de manière sûre (sans danger) divers symptômes de stress post traumatique, insomnie, douleurs chroniques et cauchemars résistants aux traitements inclus [6-7].

Les données provenant d’études observationnelles fournissent des données aléatoires. Une analyse rétrospective sur les symptômes des patients publiée en 2014 dans le Journal of Psychoactive Drugs a signalé une diminution des scores rapportés sur l’indice CAPS (échelle clinique d’évaluation du trouble post traumatique) de plus de 75 % suite à la thérapie par le cannabis [8].  Mais une étude observationnelle plus étendue sur les sujets souffrant de SSPT a rapporté que ceux qui n’avaient jamais fumé de cannabis avaient des symptômes significativement moins graves après quatre mois que ceux qui ont commencé ou continué leur usage après le traitement [9]. De manière similaire, une étude cas-témoin de 2015 n’a trouvé aucune association entre l’usage auto-déclaré de cannabis et la gravité des symptômes de santé mentale sur un groupe de Vétérans ayant un SSPT probable [10]. Une étude séparée rapporte de manière similaire aucune association positive ou négative entre un usage de cannabis de base et la sévérité des symptômes de SSPT à la fin du traitement, par rapport à un usage antérieur de la substance [11]. En 2017, une revue de la littérature par la Canadian Agency for Drugs and Technologies in Health conclut, « Il y a des preuves provenant d’études de mauvaise qualité démontrant l’efficacité du cannabis inhalé, ingéré et du nabilone dans la réduction de certains symptômes du SSPT » [12]. Par conséquent, des experts conseillent actuellement les médecins d’utiliser leur jugement clinique propre pour évaluer les risques et bénéfices potentiels pour un patient donné [13]. Deux associations militantes composées de vétérans de l’armée, The American Legion et AMVETS, ont exprimé leur soutien à l’accès des vétérans aux thérapies basées sur le cannabis.

Au moment d’écrire ces lignes, des données cliniques randomisées contrôlées par placebo évaluant l’impact du cannabis sur le SSPT sont en cours aux États-Unis et au Canada [14-15].

Bibliographie / Références

[1] Nuemeister et al. 2013. Elevated brain cannabinoid CB1 receptor availability in post-traumatic stress disorder: a positron emission tomography study. Molecular Psychiatry 18: 1034‐1040 
(Disponibilité accrue des récepteurs cannabinoïdes CB1 du cerveau dans le trouble du stress post-traumatique: une étude tomographique par émission de positrons)

[2] Passie et al. Mitigation of post-traumatic stress symptoms by cannabis resin: A review of the clinical and neurobiological evidence. Drug Testing and Analysis 4: 649‐659
(Atténuation des symptômes de stress post-traumatique par la résine de cannabis: Un examen des preuves cliniques et neurobiologiques)

[3] Rabinak et al. 2012. Cannabinoid facilitation of fear extinction memory recall in humans. Neuropharmacology 64: 396-402.

[4] Rabinak and Phan. 2014. Cannabinoid modulation of fear extinction brain circuits: A novel target to advance anxiety treatment. Current Pharmaceutical Design 20: 2212-2217.

[5] Roitman et al. 2014. Preliminary, open-label, pilot study of add-on oral delta-9-tetrahydrocannabinol in chronic post-traumatic stress disorder. Clinical Drug Investigation 34: 587‐591. (Étude ouverte pilote et préliminaire d’un complément oral de delta‐9‐tétrahydrocannabinol dans le trouble du stress post-traumatique chronique)

[6] Cameron et al. 2014. Use of a synthetic cannabinoid in a correctional population for posttraumatic stress disorder-related insomnia and nightmares, chronic pain, harm reduction, and other indications: a retrospective evaluation. Journal of Clinical Psychopharmacology 34: 559‐564. 
(Utilisation d’un cannabinoïde synthétique sur une population carcérale lors d’insomnies et de cauchemars liés au trouble du stress post-traumatique, de douleurs chroniques, de réduction des dommages et autres indications: une évaluation rétrospective)

[7] Fraser G. 2009. The use of a synthetic cannabinoid in the management of treatment-resistant nightmares in posttraumatic stress disorder (PTSD. CNS Neuroscience & Therapeutics 15: 84‐88. (L’utilisation d’un cannabinoïde synthétique dans la gestion des cauchemars résistants aux traitements lors de trouble du stress post-traumatique (SSPT))

[8] Greer et al. 2014. PTSD symptom reports of patients evaluated for the New Mexico Medical Cannabis Program. Journal of Psychoactive Drugs 46: 73‐77. (Rapports sur les symptômes du SSPT de patients évalués pour le Programme de Canabis Médical du Nouveau-Mexique)

[9] Medscape. December 15, 2004. ʺMedical marijuana may worsen PTSD symptoms, increase violence.ʺ  (“Le cannabis médical pourrait empirer les symptômes du SSPT et accroître la violence)

[10] Johnson et al. Mental health symptom severity in cannabis using and non-using Veterans with probable PTSD. Journal of Affective Disorders 190: 439‐442. (Sévérité des symptômes de troubles mentaux chez des vétérans souffrant probablement de SSPT, usagers et non-usagers de cannabis)

[11] Ruglass et al. 2017. Impact of cannabis use on treatment outcomes among adults receiving cognitive-behavioral treatment of PTSD and substance use disorders. Journal of Clinical Medicine 7 [online ahead of print]

[12] Canadian Agency for Drugs and Technologies in Health. 2017. Medical marijuana for pots-traumatic stress disorder: A review of clinical effectiveness and guidelines.

[13] Stephanie Yarnell. 2015. The use of marijuana in post traumatic stress disorder: A review of the current literature. The Primary Care Companion for CNS Disorders 17 [E‐pub ahead of print]. 
(Utilisation de cannabis lors de troubles du stress post-traumatique: un examen des publications récentes)

[14] Vancouver Sun. September 13, 2016. « B.C. Scientists launch research trial into effects of marijuana on PTSD. »

[15] The Leaf Online. April 27, 2016. « PTSD cannabis study to finally move ahead. »

Bryan Krumm, 2016. Cannabis for posttraumatic stress disorder: A neurobiological approach to treatment. The Nurse Practitioner 41: 50‐54. (Le cannabis en cas de syndrome de stress post-traumatique: Une approche neurobiologique du traitement)

source https://www.norml.fr/sante-prevention-rdr/portail-professionnels-de-sante/etudes-cliniques-et-precliniques/#SSPT

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