Virus de l’Immunodéficience Humaine – VIH

Le virus humain de l’immunodéficience est un rétrovirus qui envahit les cellules du système immunitaire humain, le rendant extrêmement vulnérable aux maladies infectieuses. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, plus de 500 000 d’américains sont morts à cause du VIH/SIDA et plus d’un million de citoyens de ce pays vivent avec la maladie.

Des données d’enquête indiquent que le cannabis est utilisé par un tiers des patients Nord Américains vivant avec le VIH/SIDA, pour traiter les symptômes de leur maladie ainsi que les effets secondaires des divers médicaments antirétroviraux [1-4]. Une étude récente a rapporté que plus de 60 % des patients VIH/SIDA se définissent comme des usagers de cannabis médical [5]. Les patients qui vivent avec le VIH/SIDA déclarent le plus souvent utiliser du cannabis pour contrer des symptômes d’anxiété, de perte d’appétit et de nausées. Une étude a constaté que les patients qui utilisent le cannabis pour raisons thérapeutiques sont plus de trois fois plus enclins à se conformer à leur schéma thérapeutique, comparé aux non-usagers [6].

Une analyse longitudinale de 2008 sur des hommes positifs au VIH et d’autres non infectés ont montré que l’usage de cannabis n’impacte pas négativement le nombre des lymphocytes T CD4 et CD8 [7], alors que des publications plus récentes rapportent que l’exposition au cannabis est liée à des taux de lymphocytes plus élevés [8-9] et pourraient améliorer la fonction immunitaire [10-11]. La prévalence du cannabis n’est associée avec aucun effet négatif induisant un sur risque de mortalité [12]. Chez les patients infectés à la fois par le HIV et l’hépatite C, l’usage quotidien de cannabis est indépendamment associé avec une prévalence réduite de stéatose (maladie du « foie gras ») [13]. Les patients co-infectés sont moins à risque de souffrir de résistance à l’insuline quand comparés aux non-usagers [14].

Des données de test clinique ont rapporté que les patients atteints de VIH qui inhalaient du cannabis quatre fois par jour voyaient une importante augmentation de leur prise de nourriture avec peu d’inconfort et aucune détérioration de leurs capacités cognitives. Ils ont conclu que le cannabis fumé procure un bénéfice médical évident chez les sujets séropositifs [15].

D’autres données cliniques ont montré que l’inhalation de cannabis réduisait la neuropathie associée au VIH de façon significative, comparée au placebo. Les chercheurs ont rapporté que l’inhalalation de cannabis trois fois par jour réduisait la douleur des patients de 34 %. Ils ont conclu que le cannabis fumé était bien toléré et soulageait efficacement la douleur neuropathique des neuropathies associées au VIH d’une manière semblable aux médicaments utilisés pour la douleur neuropathique chronique [16].

En 2008 des chercheurs de l’Université de Californie à San Diego sont arrivés aux mêmes conclusions. Ils constatent que le cannabis fumé a réduit de manière significative l’intensité de la douleur neuropathique dans la polyneuropathie associée au HIV, comparé au placebo, quand il est ajouté à des analgésiques concomitants stables. Les désordres de l’humeur, les incapacités physiques ainsi que la qualité de vie se sont tous améliorés durant le traitement étudié. Nos résultats suggèrent que le traitement avec des cannabinoïdes pourrait être une option efficace pour le soulagement de la douleur chez les patients ayant des douleurs rebelles dues au VIH [17].

Plus récemment, des tests cliniques ont démontré que l’inhalation de cannabis est associée avec des niveaux accrus d’hormones de l’appétit dans le sang des sujets atteints de VIH [18]. Dans des modèles animaux, l’administration de delta-9-THC est associée avec une diminution de la mortalité et une évolution améliorée de la maladie [19]. Dans des modèles précliniques, les cannabinoïdes ont aussi démontré qu’ils diminuaient la réplication du VIH [20].

Certains experts pensent maintenant que le cannabis représente une option de traitement supplémentaire dans la gestion de la santé des patients atteints de VIH/SIDA [21] et que les cannabinoïdes pourraient potentiellement être utilisés conjointement avec les médicaments antirétroviraux actuels,  ouvrant la voie à une nouvelle génération de thérapies médicamenteuses du VIH/SIDA [22].

Bibliographie / Références

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(Utilisation du cannabis en cas de VIH pour la douleur et autres symptômes associés)

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(Schémas d’usage de cannabis parmi les patients souffrant de VIH/SIDA suivis dans un système public de santé)

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(Le Dronabinol et le cannabis chez des fumeurs de cannabis séropositifs: apport calorique, humeur  et sommeil)

[16] Abrams et al. 2007. Cannabis in painful HIV-associated sensory neuropathy: a randomized placebo-controlled trial. Neurology 68: 515-521. (Du cannabis lors de neuropathie sensorielle associée au VIH: un essai randomisé contrôlé contre placebo)

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(Du cannabis médicinal fumé contre a douleur neuropathique du VIH: un essai clinique transversal randomisé)

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[21] Fogarty et al. 2007. op. Cit.

[22] Temple scientists weaken HIV infection in immune cells using synthetic agents. May 1, 2013.

Rachiel Schrier. 2010. Effects of medicinal cannabis on CD4 immunity in AIDS. In: University of San Diego Health Sciences, Center for Medicinal Cannabis Research. Report to the Legislature and Governor of the State of California presenting findings pursuant to SB847 which created the CMCR and provided state funding. op. Cit. (Effets du cannabis médical sur l’immunité des cellules CD4 dans le SIDA

source : https://www.norml.fr/sante-prevention-rdr/portail-professionnels-de-sante/etudes-cliniques-et-precliniques/#VIH

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