Hépatite C

L’hépatite C est une maladie virale du foie qui affecte environ quatre millions d’Américains. L’Hépatite C chronique est typiquement associée avec fatigue, dépression, douleurs articulaires et insuffisance hépatique, incluant cirrhose et cancer du foie.

Les scientifiques soutiennent que le système endo-cannabinoïde pourrait atténuer certains aspects des affections chroniques du foie [1-2]. Des données démographiques montrent que les adultes ayant une historique d’usage de cannabis sont moins susceptibles de souffrir de certains problèmes au foie, comme la stéatose hépatique non alcoolique (SHNA), que les non-usagers.

Plus spécifiquement, une étude de l’Université du Massachusetts de 2017 a rapporté que les usagers réguliers de cannabis avaient 52% de risques en moins de se voir diagnostiquer un SHNA par rapport aux non-usagers, alors que les usagers occasionnels voyaient le risque de souffrir de cette maladie diminué de 15% [3].

Une étude de l’Université de Stanford a rapporté, de manière similaire, que l’usage de cannabis prédisait de manière indépendante une diminution de risque de souffrir de SHNA, d’une manière dose-dépendante. Les auteurs concluent que l’usage actif de cannabis a procuré un effet protecteur contre la SHNA, indépendamment des facteurs de risques connus [4].

Les patients ayant reçu un diagnostic d’hépatite C signalent fréquemment qu’ils utilisent du cannabis pour traiter à la fois les symptômes de leur maladie et la nausée associée à la thérapie anti-virale [5-6]. Une étude d’observation réalisée par les enquêteurs de l’Université de Californie à San Francisco (UCSF) ont constaté que les patients atteints d’hépatite C qui utilisaient du cannabis avaient plus tendance à respecter leur schéma thérapeutique que ceux qui n’en utilisaient pas [7]. Néanmoins, il n’existe aucun test clinique évaluant l’usage de cannabinoïdes pour cette pathologie dans la littérature scientifique.

Alors que quelques études observationnelles plus anciennes préviennent qu’un usage intensif par des patients souffrant d’hépatite C pourrait impacter défavorablement le foie [8-10], de plus récentes études rapportent que l’inhalation de cannabis n’est pas associé avec une intensification des maladies du foie chez les sujets souffrant d’hépatite C [11], et dans certains cas, pourrait même agir en tant qu’agent protecteur contre la stéatose [12]. Des données longitudinales séparées montre que les patients co-infectés avec l’hépatite C et le VIH et consommant du cannabis sont moins enclins de souffrir de résistance à l’insuline, comparé aux non-usagers [13].

Les experts dans ce domaine offrent des opinions divergentes en ce qui concerne l’usage thérapeutique de cannabinoïdes dans le traitement de l’hépatite C. Alors que certains experts sont d’avis que les bénéfices potentiels du cannabis concernant une meilleure probabilité de succès du traitement des patients souffrant d’hépatite C semblent l’emporter sur ces risques [14] d’autres en découragent l’emploi chez les patients souffrant d’hépatite chronique tant que des études plus poussées n’auront pas été réalisées [15-19].

Bibliographie / Références

[1] Zamora‐Valdes et al. 2005. The endocannabinoid system in chronic liver disease (PDF). Annals of Hepatology 4: 248‐254. (Le système endocannabinoïde dans les maladies chroniques du foie)

[2] Gabbey et al. 2005. Endocannabinoids and liver disease – review. Liver International 25: 921‐926. 
(Les endocannabinoïdes et les maladies du foie)

[3] Adejumo et al. 2017. Cannabis use is associated with reduced prevalence of non-alcoholic fatty liver disease: A cross-sectional study. PLoS One [open access journal]. 

[4] Kim et al. 2017. Inverse association of marijuana use with nonalcoholic fatty liver disease among adults in the United States. PLoS One [open access journal].

[5] Schnelle et al. 1999. Results of a standardized survey on the medical use of cannabis products in the German-speaking area. Forschende Komplementarmedizin (Germany) 3: 28‐36. 
(Résultats d’une étude standardisée sur l’usage médical de produits du cannabis en Allemagne)

[6] MedScape Today. 2004. “Hepatitis C – Current state of the art and future directions.” MedScape Today.

[7] Sylvestre et al. 2006. Cannabis use improves retention and virological outcomes in patients treated for hepatitis C. European Journal of Gastroenterology & Hepatology. 18: 1057‐1063. 
(L’usage de cannabis améliore le maintien et les bilans virologiques des patients traités pour de l’hépatite C)

[8] Hezode et al. 2005. Daily cannabis smoking as a risk factor for progression of fibrosis in chronic hepatitis C. Hepatology 42: 63‐71. (Fumer quotidiennement du cannabis comme facteur de risque dans l’évolution des fibroses liées à l’hépatite C chronique)

[9] Ishida et al. 2008.Influence of cannabis use on severity of hepatitis C disease. Clinical Gastroenterology and Hepatology 6: 69‐75. (Influence de l’usage du cannabis sur la gravité de l’hépatite C)

[10] Parfieniuk and Flisiak. 2008. Role of cannabinoids in liver disease. World Journal of Gastroenterology 14: 6109‐6114. (Rôle des cannabinoïdes sur les maladies du foie)

[11] Brunet et al. 2013. Marijuana smoking does not accelerate progression of liver disease in HIV-hepatitis C coinfection: a longitudinal cohort analysis. Clinical Infectious Diseases 57: 663-670.

[12] Nordmann et al. 2017. Daily cannabis and reduced risk of steatosis in human immunodeficiency virus and hepatitis C virus co-infected patients. Journal of Viral Hepatitis [online ahead of print]

[13] Patrizia-Carrie et al 2015. Cannabis use and reduced risk of insulin resistance in HIV-HCV infected patients: A longitudinal analysis. Clinical Infectious Diseases 61: 40-48.

[14] Fischer et al. 2006. Treatment for hepatitis C virus and cannabis use in illicit drug user patients: implications and questions. European Journal of Gastroenterology & Hepatology. 18: 1039‐1042. 
(Traitement du virus de l’hépatite C et usage de cannabis chez les patients l’utilisant illégalement: incidences et questions)

[15] Schwabe and Siegmund. 2005. op. cit.

[16] Hezode et al. 2005. op. cit.

[17] David Berstein. 2004. op. cit.

[19] Hezode et al. 2008. Daily cannabis use: a novel risk factor of steatosis severity in patients with chronic hepatitis C. Gastroenterology 134: 432‐439. (Usage quotidien de cannabis: un nouveau facteur de risque de stéatose aggravée chez les patients souffrant de l’hépatite C chronique)

[15] Purohit et al. 2010. RRole of cannabinoids in the development of fatty liver (steatosis). The AAPS Journal 12: 233‐237. (Rôle des cannabinoïdes dans l’évolution de foie graisseux -stéatose- )

source : https://www.norml.fr/sante-prevention-rdr/portail-professionnels-de-sante/etudes-cliniques-et-precliniques/#HepC

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